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Syntec Etudes lance la 4ème édition d’Idées pour le Futur - Interview de son vice-président, Benoit Volatier

27 janv. 2015

Et si l’une des meilleures façons de faciliter l’innovation était de donner l’opportunité aux porteurs de projets de présenter leurs idées en public (qu’elles soient avancées ou bien encore embryonnaire), et de déclencher ainsi la dynamique vertueuse du partage, de l’hybridation et de la cross-fertilisation ?

Voici résumé en quelques mots le principe de cette initiative lancée par Syntec Etudes qui, fort de la réussite des précédentes éditions, vient de déclencher l’appel à de nouvelles idées, qui seront présentées à l’occasion du prochain Printemps des Etudes en Avril 2015. Benoit Volatier, vice-président de Syntec Etudes, nous en dit plus sur le pourquoi de cette initiative et le comment de cette nouvelle édition.

MRNews : Le principe de cette initiative Syntec Etudes - Idées pour le Futur - est de mettre en relation des porteurs de projets issus de différents univers, et notamment de celui des études marketing. Mais plus précisément, quelles sont les grandes lignes du dispositif et sa mécanique ?

Benoit Volatier : Concrètement, le dispositif consiste en effet à permettre à une quinzaine de porteurs de projets de pouvoir présenter leurs idées de produits ou de services à des professionnels des études et du marketing, à l’occasion du Printemps des Etudes. Sous l’angle de la forme, deux points nous semblent importants. Il faut qu’il y ait un effet d’accumulation, la visée étant qu’une quinzaine d’idées soient présentées. Mais nous tenons aussi à ce qu’il y ait du rythme dans les présentations. Cela nous a conduit à retenir un  format ou les porteurs de projets ont 2 à 3 minutes pour présenter leurs idées, avec simplement une page powerpoint. Nous cherchons aussi à faire en sorte que cette présentation ait un caractère un peu « spectaculaire », afin que l’expérience soit agréable pour le public.

Celui-ci est donc constitué d’une centaine de professionnels des études et du marketing…

Oui, l’idée étant que l’auditoire soit aussi ouvert que possible, dans la limite des places disponibles bien sûr, mais tout en veillant à ce que soient respectées un certain nombre de valeurs importantes pour nous. La bienveillance et la curiosité doivent être au rendez-vous. Je rajouterais aussi le principe de sérendipité, la philosophie étant que les gens viennent sans attentes particulières, en se disant que nul n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise !

Comment définiriez-vous ce qu’est une « idée », et comment les sélectionnez-vous ?

 Ce sont des idées ou des projets, les deux termes étant pour nous parfaitement interchangeables. Cela peut se situer à n’importe quel stade, à un moment où l’idée est encore embryonnaire – cela ressemble plus à un concept - ou bien plus tard, au moment du pré-lancement commercial. Mais il y a un nom, un « quoi », qu’il s’agisse d’un produit ou d’un service, un « qui » (la cible donc), et un « pourquoi », ou dit autrement un bénéfice pour cette cible. Et bien sûr, il faut que cela s’inscrive dans le futur ; si le produit ou le service a déjà été lancé, cela n’aurait pas sens à ce qu’il soit présenté ici. Un jury procède à une sélection pour s’assurer que les projets s’inscrivent bien dans le cadre. L’an dernier, nous avions reçu 20 projets, et 15 ont été présentées, la sélection se faisant dans le cadre d’une répétition, le 2 avril, 15 jours avant le jour J.

Comment cette idée est-elle née ? Pourquoi avoir pris cette initiative ?

De par notre rôle de syndicat, nous avons bien sûr une certaine responsabilité vis-à-vis de notre profession et de nos métiers. Nous nous posons naturellement la question des services que nous pouvons apporter à nos membres et plus largement à la communauté des études. Et nous nous sommes dits que nous pouvions contribuer à favoriser l’innovation dans notre secteur, en facilitant la circulation des idées et aussi l’interconnexion des organisations. Nous avons donc cherché dans cette direction, autour de ces principes très importants en termes d’innovation que sont l’hybridation et la fertilisation croisée. Nous avions aussi la volonté de contribuer à ce que notre secteur soit le plus vivant possible et aussi plus poreux, qu’il se laisse plus facilement hybrider par les idées venant d’ailleurs.

Ces « idées pour le futur » ne se limitent donc pas à l’univers des études ?

Nous essayons de faire en sorte qu’il y ait un lien possible. Mais celui peut en effet être très lointain. A l’occasion d’une précédente édition, nous avons par exemple accepté la présentation d’un projet portant sur la notion de citoyens-capteurs. L’idée reposait notamment sur la constitution d’un réseau d’individus qui acceptaient d’installer sur leur balcon des capteurs pour générer un système de monitoring de la qualité de l’atmosphère. A priori, cela semble très loin du domaine des études. Et pourtant, si l’on y réfléchit un peu, il y a là des notions très intéressantes pour notre univers. On se sert de l’intelligence collective pour effectuer des mesures. On peut donc envisager d’autres applications, qui entreraient pour le coup dans le champ des études. Le fait est que les études sont naturellement en contact avec beaucoup d’univers. Notre tropisme naturel est celui du marketing. Mais il ne se limite pas à cela. Il s’étend à la communication, aux ressources humaines, et même à la production, et à l’informatique. En termes de secteurs d’activités, les études sont présentes partout. Et les études ont de plus en plus intégré des composantes technologiques. Si de nouvelles façons de produire ou de diffuser de l’information apparaissent, il y a de fortes chances que cela puisse nous intéresser. C’est ce qui nous incite donc à être très ouverts quant à la nature des projets qui sont présentés.

Quels sont les avantages pour les porteurs de projets ?

J’en parle d’autant plus facilement que j’ai moi même eu l’occasion de présenter un projet, et d’autres vous le diront bien sûr : c’est extrêmement motivant. C’est une occasion qui peut permettre aux porteurs d’idées d’avancer d’une, deux ou même trois cases en quelques minutes. Leurs idées prennent l’air, le networking se met en place. En exposant une idée à une centaine de personnes, j’ai de fortes chances qu’il y en ait au moins une au sein du public qui s’y intéresse et m’aide d’une façon ou une autre à avancer, en me proposant des solutions ou des débouchés auxquels je n’aurais pas pensé. Et le fait de réaliser l’exercice et de passer par le format de présentation que nous avons évoqué est également très vertueux. Cela oblige à aller à l’essentiel et à être consistant.

Est-ce qu'il n'y a pas un risque pour eux de se faire voler leurs meilleures idées ?

Les idées sont-elles volables ? Ce n’est pas ma vision des choses, je crois en réalité que les idées sont de « libre-parcours ». C’est aussi la vision du droit français. Il y a derrière cela une croyance entrepreneuriale très importante, qui veut qu’une idée en elle-même ne vaut pas grand-chose, l’essentiel se jouant au moment de l’exécution. L’autre idée cousine de celle-ci est que la meilleure façon d’avancer est de faire des erreurs. Cela me parait pour ma part une excellente philosophie ; nous avons beaucoup à gagner à lâcher prise avec cette idée de la perfection ingénieurale à la française.

Comment mesurez-vous le niveau de réussite de cet évènement ?

Le nombre de personnes présentes au moment de la présentation est déjà un très bon indicateur. Si tout le monde ne parvient pas à s’asseoir, c’est parfait ! Et aussi le plaisir que ressentent les gens à présenter et à partager leurs idées. L’essentiel de la valeur se crée dans ce partage, dans la façon dont l’idée d’une personne accroche avec une autre, et apporte même parfois la pièce manquante du puzzle. Ce plaisir là n’est pas facile à mesurer, mais il se voit, il se sent. Notre réel objectif est de donner un cadre, une opportunité, cela s’arrête là et c’est très bien ainsi.

Concrètement, que doit faire la personne qui souhaite présenter une idée ?

Elle doit simplement remplir le petit formulaire accessible depuis le site de Syntec Etudes, avec le nom du projet et une petite description en 4 lignes. La date limite est le 27 février. Elle sera ensuite invitée à passer devant le comité de sélection dans le cadre d’une sorte de répétition, avant le jour J le 17 avril au Palais Brongniart


 POUR ACTION 

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